Depuis l’Antiquité, les êtres humains imaginent des machines pour soulever des charges et se déplacer verticalement. Découvre les principales étapes qui ont conduit à l’ascenseur moderne.

Vers -1250
Le chadouf
Dans l’Égypte antique, les agriculteurs utilisent le chadouf pour puiser de l’eau. Cette machine se compose d’une longue perche qui pivote autour d’un axe. Un récipient est suspendu à une extrémité, tandis qu’un contrepoids placé à l’autre extrémité facilite sa remontée.
Le chadouf n’est pas un ascenseur, mais il illustre déjà un principe essentiel : utiliser un contrepoids pour soulever une charge en réduisant l’effort nécessaire.

Vers 90
Les monte-charges du Colisée
Sous l’arène du Colisée de Rome se trouve un vaste réseau de couloirs appelé hypogée. Les Romains y installent des monte-charges pour faire apparaître dans l’arène des animaux, des gladiateurs ou des éléments de décor.
Des ouvriers font tourner de grands cabestans verticaux qui enroulent les cordages et soulèvent les cages. Des guides en bois maintiennent celles-ci dans leur trajectoire. Arrivées sous l’arène, des rampes et des trappes permettent aux animaux ou aux décors de rejoindre la piste.

À partir du XIIIe siècle
La grue à roue de carrier
Au Moyen Âge, les bâtisseurs utilisent des grues à roue pour construire les châteaux, les églises et les cathédrales. Un ou deux ouvriers marchent à l’intérieur d’une grande roue en bois, comme dans une roue pour hamster.
La rotation de la roue entraîne un axe autour duquel s’enroule une corde. La corde passe ensuite sur une poulie et soulève les pierres, les poutres ou les paniers de matériaux. Ce mécanisme permet de déplacer des charges beaucoup plus lourdes qu’avec la seule force des bras.

1743
La «chaise volante»
En 1743, le machiniste Blaise-Henri Arnoult conçoit une « chaise volante » au château de Versailles. Cette petite cabine permet à la duchesse de Châteauroux de rejoindre son appartement situé dans les étages supérieurs.
Trois gros cordages relient la cabine à un contrepoids en passant autour d’une grande roue placée au sommet du bâtiment. La passagère tire sur une corde fixe pour monter ou descendre. Grâce au contrepoids, elle déplace la cabine avec un effort limité.

1854
Le parachute de sécurité d’Otis
Les premiers monte-charges présentent un danger important : si leur corde se rompt, la plateforme tombe au fond de la gaine. L’Américain Elisha Graves Otis met au point un dispositif capable de bloquer automatiquement la plateforme.
En 1854, il présente son invention lors de l’exposition du Crystal Palace à New York. Debout sur une plateforme surélevée, Otis fait couper la corde qui la retient. La plateforme descend de quelques centimètres, puis des cliquets s’engagent dans deux crémaillères et arrêtent sa chute.
Cette démonstration rassure le public et ouvre la voie au développement des ascenseurs destinés au transport des personnes.
Crystal Palace · New York · 1854
Le parachute de sécurité
Démonstration du frein automatique par Elisha Graves Otis
Principe : En mouvement normal, la tension permanente du câble courbe le ressort à lame vers le haut, dégageant les verrous. Dès la coupure du câble (à n'importe quelle hauteur), la détente instantanée du ressort projette les cliquets dans la crémaillère à rochet la plus proche, stoppant net la descente.

1867
L’élévateur hydraulique
Lors de l’Exposition universelle de 1867, organisée au Champ-de-Mars à Paris, l’ingénieur français Félix Léon Edoux présente des élévateurs fonctionnant grâce à la pression de l’eau.
Dans un ascenseur hydraulique, l’eau sous pression agit sur un piston qui pousse la cabine vers le haut. Sur l’installation présentée par Edoux, quatre colonnes creuses en fonte guident également des contrepoids reliés à la cabine par des chaînes.
Edoux emploie le mot « ascenseur » pour désigner cette machine destinée au déplacement vertical. Le terme entre alors progressivement dans le vocabulaire technique.
Exposition universelle · Paris · 1867
L’ascenseur hydraulique direct
Principe de l’installation présentée par Félix Léon Édoux
Principe : l’eau sous pression fait monter le piston placé directement sous la cabine. Le piston et la cabine parcourent la même distance. Les quatre chaînes font alors descendre les quatre contrepoids guidés dans les colonnes creuses en fonte.

1880
L’ascenseur électrique
En 1880, Werner von Siemens et la société Siemens & Halske présentent un ascenseur électrique lors d’une exposition à Mannheim, en Allemagne.
Un moteur électrique à courant continu de trois chevaux, placé sous la plateforme, entraîne des engrenages qui progressent le long d’une crémaillère verticale. La plateforme, protégée par des grilles sur trois côtés, se déplace à environ 0,5 mètre par seconde le long d’une tour de vingt mètres.
Plus de 8 000 visiteurs essaient cette nouvelle machine. Le moteur électrique offre une solution plus souple que les systèmes hydrauliques utilisés jusque-là.

1903
L’ascenseur électrique sans réducteur
En 1903, l’entreprise Otis améliore l’ascenseur électrique en développant une machine de traction sans réducteur.
Le moteur électrique entraîne directement une grande poulie placée sur le même axe. Les câbles de la cabine passent dans les rainures de cette poulie et sont reliés à un contrepoids. Aucun train d’engrenages ne sépare le moteur de la poulie motrice.
Cette transmission directe permet aux ascenseurs de se déplacer plus rapidement et de desservir des immeubles beaucoup plus hauts. Elle accompagne ainsi le développement des premiers grands gratte-ciel.

1924
La commande automatique
En 1924, Otis met au point le Signal Control System, un système qui automatise une partie du fonctionnement de l’ascenseur.
Les boutons placés dans les étages et dans la cabine transmettent les demandes à un panneau central composé de relais électromécaniques. Un sélecteur repère la position de chaque cabine et commande automatiquement son ralentissement et son arrêt au bon étage.
Cette innovation améliore la répartition des appels, la précision des arrêts et le confort des passagers. Elle prépare l’arrivée des ascenseurs capables de fonctionner sans opérateur.

1945
Grève des ascensoristes à New York
Même si la technologie automatique existe depuis les années 1920, la plupart des grands immeubles continuent d’employer un liftier, car les usagers ont peur d’utiliser les cabines seuls.
En 1945, une immense grève des liftiers paralyse totalement les gratte-ciels de New York pendant plusieurs jours. Cet événement oblige les propriétaires à franchir le pas : pour éviter de nouvelles paralysies économiques, ils décident de convertir massivement leurs installations en ascenseurs entièrement automatiques.

1950
L’Autotronic de Otis
Pour rassurer le grand public qui doit désormais manipuler seul l’appareil, les constructeurs comme Otis lancent des systèmes perfectionnés (comme l’« Autotronic »).
De nouveaux dispositifs d’aide et de sécurité font leur apparition : le bouton d’arrêt d’urgence, l’interphone de secours, les cellules photoélectriques pour empêcher les portes de se refermer sur les passagers, et même des messages vocaux enregistrés. L’ascenseur sans liftier devient la norme dans tous les nouveaux bâtiments.

1979
L’ascenseur commandé par microprocesseur
En 1979, Otis présente l’Elevonic 101, l’un des premiers systèmes d’ascenseur commandés par des microprocesseurs.
Le système analyse la position, la vitesse et le sens de déplacement des différentes cabines. Il peut alors répartir les appels en fonction de la circulation dans le bâtiment afin de réduire les attentes et les déplacements inutiles.
L’ascenseur devient ainsi un système automatisé capable d’adapter son fonctionnement aux besoins des utilisateurs. Les ascenseurs actuels poursuivent cette évolution grâce aux capteurs, aux commandes numériques, à la surveillance à distance et aux moteurs plus économes en énergie.








