L’évolution de l'informatique

L’évolution de l’informatique

De nos jours, les ordinateurs sont partout, même dans notre poche avec nos smartphones. Comment l’informatique est apparue ? Comment a-t-on inventé les premiers ordinateurs ? Découvre maintenant l’évolution de l’informatique…

Les premiers calculateurs

Avant de concevoir l’informatique telle que nous la connaissons, l’Homme a créé des outils pour automatiser ses calculs. Par exemple, le boulier utilisé en Mésopotamie était déjà une aide précieuse. Plus tard, en 1642, Blaise Pascal invente la Pascaline, tandis qu’en 1673, Leibniz perfectionne ce concept avec la « Replica ».

Le boulier

-2000

Le boulier

Le boulier ou abaque est utilisé en Mésopotamie 2000 ans avant J-C.

La Pascaline

1642

La Pascaline

En 1642, Blaise Pascal crée une machine capable d’additionner et de soustraire : la Pascaline. Elle est créée spécifiquement pour le père de Blaise Pascal, qui était percepteur d’impôts.

REPLICA de Leibniz

1673

La machine à calculer REPLICA de Leibniz

En 1673, Leibniz qui s’est inspiré de la Pascaline invente une machine capable de multiplier et de diviser : la Replica.

Les cartes perforées

Toutefois, entre 1800 et 1950, les calculateurs changent de nature, passant du mécanique à l’électronique. En effet, les capacités de calcul augmentent, de même que la fiabilité des machines. D’ailleurs, dès 1800, Joseph-Marie Jacquard utilise des cartons perforés sur ses métiers à tisser, ce qui constitue la première machine programmée. C’est ainsi que Charles Babbage s’en inspire en 1834. Par ailleurs, dès 1843, Ada Lovelace développe les principes fondamentaux de la programmation. Plus tard, en 1936, Alan Turing définit les bases théoriques du calcul automatique, tout comme Konrad Zuse crée le premier ordinateur programmable binaire en 1938. Enfin, l’ENIAC en 1945 marque la fin des pièces mécaniques, avant que l’EDVAC n’introduise la mémorisation binaire.

Le métier à tisser Jacquard

1800

Le métier à tisser Jacquard

Vers 1800, le Français Joseph-Marie Jacquard met au point un métier à tisser qui utilise des cartons perforés pour commander les mouvements des aiguilles. C’est la première machine programmée.

La machine à calculer de Charles Babbage

1834

La machine à calculer de Charles Babbage

En 1834, Charles Babbage s’inspire du métier à tisser de Jacquard, pour élaborer une machine qui, à l’aide de cartes perforées, évalue les différentes fonctions (addition, soustraction, multiplication, et division). Ada Lovelace, fille du célèbre Lord Byron, un des plus grands poètes anglais de son temps, développe en 1843 les principes de base de la programmation en travaillant avec Charles Babbage sur sa machine.

Alan Turing

1936

Alan Turing

Alan Turing publie en 1936 un article “On Computable Numbers” définissant les bases théoriques de la programmation sur des machines capables d’effectuer des calculs. Il parvient en 1940 à “cracker” la machine de cryptage nazi appelée Enigma.

Les Z1, Z2 et Z3 de Konrad Zuse

1938-1941

Les Z1, Z2 et Z3 de Konrad Zuse

Pendant la première partie du 20ème siècle, l’avancée des mathématiques permet de donner un nouveau souffle à la recherche informatique. Celle-ci aboutit à partir de 1938 à la naissance du premier ordinateur programmable qui utilise le binaire : le Z1, créé par l’Allemand Konrad Zuse. C’est le premier calculateur programmable fonctionnel. Les informations sont stockées sur des cartes perforées. Le Z3 achevé en 1941 est plus fiable que les précédentes versions.

Le MARK 1

1943

Le MARK 1

En 1943, l’Américain Howard Aiken créé en collaboration avec IBM le premier calculateur électromécanique ASCC (Automatic Sequence Controlled Calculator). Installé et livré en 1944 à l’université d’Harvard, il est baptisé Mark 1. C’est une machine qui pèse 5 tonnes et mesure 17 m de long pour 2,5 m de hauteur. Cette machine calcule 5 fois plus vite que l’Homme de façon entièrement automatisée. L’informaticienne Grace Murray Hopper est l’une des premières à programmer le Mark 1.

L’ENIAC

1945

L’ENIAC

Créé par John William Mauchly et J. Presper Eckert en 1945, l’ENIAC devient le premier ordinateur ne comportant plus aucune pièce mécanique. Il est composé de 18 000 tubes à vide, s’étend sur plus 160 m2 et opère en décimal. Les premières à avoir programmé l’ENIAC sont les six programmeuses Betty Snyder Holberton, Jean Jennings Barik, Kay McNulty Mauchly Antonelli, Marlyn Wescoff Meltzer, Ruth Lichterman Teitelbaum and Frances Bilas Spence. Il est surtout utilisé pour effectuer des calculs balistiques.

L’EDVAC

1946

L’EDVAC

L’EDVAC (Electronic Discrete Variable Automatic Computer) est une évolution de l’ENIAC basée sur l’architecture de John von Neumann. Il permet la mémorisation de 5,5 kilo octets et opère en binaire. Il est composé de 6 000 tubes à vide, 12 000 diodes et s’étend sur plus 45 m2.

La miniaturisation de l’informatique

Grâce à l’invention du transistor en 1948, les lampes à vide deviennent obsolètes. De surcroît, cela permet de réduire considérablement la taille des ordinateurs. Par conséquent, de nouveaux langages apparaissent. En outre, Grace Hopper développe le premier compilateur en 1951, rendant ainsi la programmation plus accessible. Par la suite, en 1963, Douglas Engelbart invente la souris, puis en 1965, le Programma 101 devient le premier ordinateur personnel.

Le transistor

1948

Le transistor

L’apparition du transistor en 1948 révolutionne l’informatique, permettant ainsi de fabriquer des ordinateurs moins encombrants en consommant moins d’électricité.
Il s’agit d’une sorte d’interrupteur électronique automatique qui remplace les tubes à vide.

Grace Hopper

1951

Le premier compilateur

Après avoir travaillé sur le Mark 1, Grace Hopper développe le premier compilateur sur une évolution de l’EDVAC : l’UNIVAC.
Un compilateur est un système qui traduit automatiquement le langage des informaticiens en langage machine.
Grace Hopper considère que les programmeurs doivent utiliser un langage plus simple que celui des machines.

Apparition du mot “informatique”

1962

Apparition du mot “informatique”

Le mot informatique est créé par Philippe Dreyfus à partir des mots « information » et « automatique ».

La première souris

1963

La première souris

La souris est inventée en 1963 par Douglas Engelbart au Stanford Research Institute. Elle est équipée de deux roues fixées sur deux capteurs et d’un bouton poussoir. La souris est améliorée par Jean-Daniel Nicoud dès 1979 avec une boule et deux capteurs internes ainsi que deux boutons poussoirs.

Programma 101

1965

Programma 101

En 1965, le Programma 101 de la société italienne Olivetti est le premier ordinateur personnel numérique et programmable. Il est inventé par l’ingénieur Pier Giorgio Perotto.

La démocratisation de l’informatique & les systèmes d’exploitation

Désormais, les ordinateurs permettent aux utilisateurs d’interagir via des claviers. En revanche, cette interaction évolue selon trois générations : les CLI, les GUI, et désormais les NUI.

Par exemple, en 1969, UNIX pose les bases des systèmes en ligne de commande. Puis, en 1984, Apple révolutionne l’usage avec le Macintosh, en introduisant l’interface graphique. Par ailleurs, en 1991, Linus Torvalds lance Linux, favorisant ainsi le développement du logiciel libre.

UNIX

1969

UNIX

En 1969, Ken Thompson développe la première version d’un système d’exploitation en ligne de commande (UNIX).

Premier microprocesseur

1971

Premier microprocesseur

La société Intel commercialise son premier microprocesseur, le 4004.

Premier système d’exploitation graphique

1973

Premier système d’exploitation graphique

La société XEROX sort en 1973 sa station de travail Alto équipée d’un système d’exploitation appelé Alto OS. Il possède la première barre d’outils.

Apple 1

1976

Premier ordinateur Apple

Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne commercialisent leur premier micro-ordinateur Apple 1.

Premier PC

1981

Premier PC

En 1981, IBM lance le PC (Personal Computer). Son succès repose sur sa compatibilité logicielle. Quelle que soit la marque de l’ordinateur, les logiciels pour PC sont compatibles. La société Microsoft de Bill Gates, fondée en 1975 distribue rapidement des logiciels d’application (traitement de texte, gestion de base de données, etc.)

Premier GUI sur Macintosh

1984

Premier GUI sur Macintosh

En 1984, les systèmes Macintosh d’Apple Computer sont les premiers à être dotés d’une interface graphique : Lisa OS. Au lieu d’avoir à taper des lignes de commandes au clavier, l’utilisateur peut maintenant se servir d’une souris et cliquer sur des icones. Le contenu est présenté sous la forme WYSIWYG “What You See Is What You Get”.

Microsoft Windows 1.0

1985

Microsoft Windows 1.0

Après le succès de ses logiciels sur PC et de son système d’exploitation MS-DOS, Microsoft lance Microsoft Windows 1.0

Linux

1991

Linux

En 1991, l’étudiant finlandais Linus Torvalds développe enfin le noyau “Linux” au projet GNU lancé en 1983 par Richard Stallman. Le concept consiste à développer un système d’exploitation libre et open source. Plusieurs distributions apparaissent comme Debian ou Ubuntu.

Progressivement les ordinateurs augmentent leurs performances et les systèmes d’exploitations évoluent aussi. L’architecture des ordinateurs actuels est toujours celle de Von Neumann à quelques évolutions près.

Enfin, la véritable évolution informatique de la fin du 20ème siècle est surtout la transformation de l’ordinateur vers de nouveaux objets (Console de jeux, smartphone, tablette tactile…). Une nouvelle génération d’interface apparaît : les NUI (Natural User Interfaces). L’interaction entre l’Homme et la machine est de plus en plus sensorielle et intuitive grâce aux accéléromètres (Nintendo Wii) ou aux casques de réalité augmentée (Oculus Rift, Playstation VR).

L’informatique devient mobile, distante et intelligente

Depuis les années 2000, l’informatique ne se limite plus aux ordinateurs personnels. Les smartphones permettent d’emporter un ordinateur dans sa poche, tandis que le cloud donne accès à des données et à des logiciels installés sur des serveurs distants.

Parallèlement, les progrès de l’intelligence artificielle permettent aux machines d’analyser de grandes quantités de données, de reconnaître des images et de produire de nouveaux contenus.

Ces systèmes restent toutefois conçus et entraînés par des humains. Ils peuvent aussi commettre des erreurs.

L’essor du cloud

2006

L’essor du cloud

Amazon lance les services Amazon S3 et Amazon EC2, qui permettent de louer du stockage et de la puissance de calcul à distance. D’autres entreprises développent ensuite leurs propres services de cloud.

Aujourd’hui, Google Drive, Microsoft OneDrive, Apple iCloud et Dropbox permettent de sauvegarder et de synchroniser des fichiers. Des plateformes comme Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud hébergent également des sites Internet, des applications, des jeux en ligne et des intelligences artificielles.

Les données ne quittent pas forcément les appareils. Un document peut rester enregistré sur un ordinateur tout en étant automatiquement sauvegardé dans le cloud.

Le smartphone moderne

2007

Le smartphone moderne

Apple commercialise le premier iPhone, qui associe un grand écran tactile, un navigateur Internet et plusieurs applications dans un appareil facile à utiliser. En 2008, le HTC Dream devient l’un des premiers smartphones utilisant le système Android de Google.

D’autres constructeurs développent ensuite leurs propres gammes, comme les Samsung Galaxy, les Google Pixel et les Xiaomi Redmi.

Le smartphone réunit dans un seul appareil les fonctions de nombreux produits autrefois séparés : téléphone, appareil photo, lecteur MP3, console portable, calculatrice, agenda et navigateur GPS.

Watson répond en langage naturel

2011

Watson répond en langage naturel

Le système Watson, développé par IBM, remporte le jeu télévisé Jeopardy! face à deux champions. Il analyse les questions, recherche des informations et attribue un niveau de confiance à plusieurs réponses possibles.

IBM adapte ensuite certaines technologies de Watson à des services professionnels comme Watson Assistant, utilisé pour créer des assistants conversationnels, et Watson Discovery, conçu pour analyser de grandes collections de documents.

Watson reste néanmoins une intelligence artificielle spécialisée. Il sait rechercher et formuler des réponses, mais il ne comprend pas le monde comme un humain.

AlexNet relance le deep learning

2012

AlexNet relance le deep learning

Alex Krizhevsky, Ilya Sutskever et Geoffrey Hinton développent le réseau de neurones AlexNet. Ils l’entraînent avec plus d’un million d’images en utilisant des cartes graphiques Nvidia GeForce GTX 580.

Le succès d’AlexNet accélère l’utilisation des réseaux de neurones dans de nombreux produits. Google Photos peut classer automatiquement des photographies, Google Lens reconnaît des objets filmés par un smartphone et Apple Face ID identifie le visage de l’utilisateur. Les véhicules équipés de systèmes d’aide à la conduite utilisent également la vision artificielle pour détecter les routes, les panneaux et les piétons.

Ces produits n’utilisent pas forcément AlexNet lui-même, mais ils reposent sur des méthodes de deep learning développées et améliorées depuis cette période.

ChatGPT démocratise l’IA générative

2022

ChatGPT démocratise l’IA générative

OpenAI met ChatGPT à la disposition du public le 30 novembre 2022. Cet assistant conversationnel peut expliquer une notion, résumer un texte, traduire une phrase, produire du code informatique ou aider à rechercher des idées.

D’autres assistants apparaissent ensuite, comme Microsoft Copilot, Google Gemini et Claude d’Anthropic. Des outils spécialisés génèrent également des images, comme DALL·E, Midjourney et Adobe Firefly.

Ces modèles produisent leurs réponses à partir de leur entraînement et des instructions de l’utilisateur. Ils peuvent inventer des informations ou reproduire des erreurs. L’utilisateur doit donc vérifier les réponses avec des sources fiables et ne jamais transmettre de données personnelles ou confidentielles.

L’informatique quantique : une piste pour l’avenir

L’informatique quantique utilise les propriétés de la physique quantique pour effectuer certains calculs d’une nouvelle manière. Un ordinateur classique manipule des bits qui prennent la valeur 0 ou 1. Un ordinateur quantique utilise des qubits, capables de représenter des états quantiques plus complexes.

Le processeur quantique Google - Sycamore

2019

Le processeur quantique Google – Sycamore

Google utilise son processeur quantique Sycamore pour effectuer en environ 200 secondes un calcul expérimental très particulier. L’entreprise estimait alors qu’un supercalculateur classique aurait eu besoin de plusieurs milliers d’années pour réaliser le même test.

Plusieurs entreprises développent aujourd’hui des technologies quantiques. IBM propose ses systèmes IBM Quantum et son outil de programmation Qiskit. Google Quantum AI poursuit ses recherches avec les processeurs Sycamore puis Willow. Microsoft Azure Quantum et Amazon Braket permettent également d’expérimenter des programmes quantiques à distance.

À l’avenir, ces machines pourraient aider à simuler des molécules, concevoir de nouveaux médicaments, améliorer les batteries ou résoudre certains problèmes complexes d’optimisation.

Elles ne remplaceront cependant pas les ordinateurs classiques. Les ordinateurs quantiques restent fragiles, produisent encore de nombreuses erreurs et doivent souvent fonctionner dans des installations refroidies à une température proche du zéro absolu.

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